Puis le roi Charles, qui était retombé sous l'influence de mauvais conseillers, redevenu méfiant, sombre et inerte. L'armée fut licenciée, l'hiver passa dans l'inaction. Le duc de Bourgogne voulut reprendre Compiègne qui s'était donnée au roi. Jeanne accourut.
Le jour même de son arrivée, le 23 mai 1430, elle fit une sortie et au retour fut faite prisonnière. Le roi ne tenta rien pour la sauver, il la laissa rendre aux Anglais, par le Bourguignon Jean de Luxembourg.
Bedford, pour rompre le charme et l'enthousiasme prodigieux de Jeanne après du peuple, voulu prouver qu'elle n'était pas l'envoyée de Dieu en la laissant condamnée par l'église.
Et toute l'église fut complice. Le tribunal comprenait 200 prêtres, un cardinal, 11 évêques, dix abbés, le procès fut conduit par l'évêque de Beauvais et présidé par l'évêque Cauchon. Sans témoin, sans avocat, elle fut condamnée à être brûlée vive et fut exécutée sur la place du vieux marché à Rouen, en mai 1431.
"Ainsi disparut, victime de la cruauté des Anglais, de la lâcheté ou de l'orgueil des prêtres et de l'indifférence criminelle de son roi, celle que l'on doit placer sur les sommets de l'humanité et qui est le charme et l'honneur de notre ancienne histoire " (Petit-Dutaillis).
En 1435, le Traité d'Arras enterina la réconciliation du Roi de France et du Duc de Bourgogne. Bedfort était mort. Charles VII, mieux conseillé fut plus actif et résolu, il constitua une armée permanente, la reconquête de la France commença victorieusement par la Normandie puis la Guyenne, avec son entrée triomphale à Bordeaux, en octobre 1953.
Sur ses instances, la Papauté consentit au procès de réhabilitation de Jeanne D'Arc, qui se déroula à Rouen (de novembre 1455 à juillet 1456).
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