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Merci au magazine "Chemin-Faisant"
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Là-haut, dans la colline de la Clape, au milieu d'un océan de pins pomponnant et de chênes toujours verts, Notre Dame des Auzils (du latin auxilium : secours) veille sur la mer et apporte aux marins qui y croisent l'espoir du port prochain. Pour atteindre la chapelle, il faut emprunter un chemin caillouteux ponctué d'insolites monuments commémoratifs.
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Depuis qu'en 1936, Paul Valéry
a chanté les cimetières marins, cette appellation s'est attachée à ce lieu. Mais comme le souligne de sa voix tonnante J. Carbonnel, personnage haut en couleur et conteur né, "on devrait plutôt l'appeler l'Allée des Naufragés".
Ce titre serait en effet plus juste, car ces tombes sont en réalité des cénotaphes étant donné que les corps des malheureux disparus sont à jamais engloutis par les flots.
Lorsqu'en 1797, une terrible tempête emporta 32 pêcheurs de Gruissan
, la population effectua un pèlerinage à Notre Dame des Auzils tous les lundis de Pâques.
Témoins de cette dévotion populaire, les murs de la chapelle furent progressivement recouverts d'ex-voto rendant hommage aux pêcheurs et aux marins Gruissanais qui périrent en mer, souvent très loin de chez eux, lors de voyages au long cours.
On découvre ici qu'au XIXe siècle, de nombreux Gruissanais firent construire de splendides goélettes, bricks, et autres écumeurs des mers aux temps glorieux de la marine à voile.
Cette collection remarquable, classée Monument Historique, fut pillée en 1967 lors d'un cambriolage. La population, consternée, se mobilisa pour retrouver toutes traces de son patrimoine. Ainsi, avec ces archives collectées, un restaurateur des Monuments Historiques put reconstituer la collection en remplaçant les ex-voto disparus par... des peintures en trompe-l'oeil.
Chapeaux bas, on s'y tromperait ! Le travail effectué est remarquable et rend avec beaucoup de sensibilité l'émotion et la dévotion du peuple Gruissanais.
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