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Ce texte est extrait du magazine CHEMIN-FAISANT
n°19 de février 2001
Pierrounet avait acquis ses connaissances thérapeutiques de manières empirique : le bon sens, l'intuition, la pratique quotidienne et la bonne fortune avaient fait de lui un guérisseur populaire aguerri
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Il soignait les traumatismes osseux, principalement les luxations et réduisait les fractures ouvertes ou fermées en employant la méthode de force selon les principes de l'extension et de la contre-extension.
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Il faisait appel à des aides - sa fille aînée fut toujours à ses côtés pour le seconder - qui maintenaient le malade dans la position adéquate. Pierrounet parlait beaucoup à ses patients : il compatissait à leur souffrance avec de nombreux "péchaïre" et il exprimait un espoir sincère dans la guérison prochaine.
Selon le Dr Jean Remize qui lui a consacré sa thèse de médecine, le climat de confiance que créait Pierrounet avec son malade décuplait les effets thérapeutiques. Ses grandes mains palpaient les membres démis et, avec ses pouces phénoménaux, il repoussait les têtes osseuses dans leurs cavités. Les opérations les plus fréquentes étaient les luxations de l'épaule, du coude ou du genou, mais il eut aussi à remettre des maxillaires inférieurs, opération qui lui valu d'être mordu.
Dans le cas des fractures ouvertes, avant de poser les atèles, il saupoudrait largement la plaie de sucre en poudre dont les pouvoirs antiseptiques étaient connus par les médecins des armées. Pierrounet recevait chez lui, dans une pièce appelée le Salon. Il ne se faisait jamais payer, mais acceptait les dons en nature que les malades, selon leur condition, déposaient dans une corbeille disposée "par mégarde" dans un lieu convenu. La fille du rebouteux racontait qu'un docteur de Béziers
y avait laissé une bague en or en remerciement de la guérison de sa propre femme.
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