Ce qui, dans bien des esprits, pourrait n'être qu'une tradition roussillonnaise de plus à inscrire dans notre calendrier festif, est en fait beaucoup plus qu'un simple rassemblement populaire ordinaire.
Cette nuit magique, la plus longue de l'année, est pour la plupart des roussillonnais un prétexte à une ultime fête "entre nous". Mais beaucoup d'autres ont appris à égrener ses heures, selon un rituel qui ne souffre en aucune façon qu'on le considère comme l'expression d'un folklore souvent malmené et devenu presque banal au fil des siècles. Ceux-là n'hésiteront pas à se faufiler au coeur de la nuit roussillonnaise à la recherche de fameuses "herbes de la bonne aventure".
C'est sans doute l'une des pages les plus connues de ce rituel. Si cette tradition connaît depuis une dizaine d'année un véritable regain d'intérêt, elle n'a jamais cessé dans nombre de nos "pays" où elle fut toujours fortement ancrée dans le symbolisme et le mystique. Un peu chamans, un peu sorciers, ces milliers d'adeptes savent bien qu'en fait, défiant les lois les plus élémentaires du soleil, cette nuit-là arrêt sa course quelques heures. Mais seulement quelques heures...
Le temps de se réjouir du spectacle extraordinaire de l'épanouissement magique et fugace de la nature tout entière offerte aux dieux et aux hommes. Nul n'ignore que, durant ces brèves heures, nombres d'herbes sont porteuses de vertus secrètes et que la rosée, les cours d'eau, comme la mer, participent à ce miracle.
Parmi les rituels sacrés de la nuit de la Saint-Jean devenue fête "nationale" en Catalogne, l'eau est aussi toujours présente sous de multiples facettes dans cette manifestation qui, apparemment, n'est que flamboyance. Plutarque lui-même racontait déjà à son époque que l'on pouvait, depuis longtemps déjà, assister couramment à de nombreuses ablutions matinales. Ablutions auxquelles on prêtait, et prête encore aujourd'hui, nombre de qualités thérapeutiques.
Jean Amade, l'un de nos plus belles plumes, racontait dans l'un de ses ouvrages que cette fête païenne avait pris un tel essor que l'Eglise, à une époque lointaine fut tentée d'en interdire les manifestations jugées coupables ou diaboliques...
Ce texte est extrait de la Brochure "Entre Vignes et Oliviers Côté Soleil" disponible gratuitement sur simple demande auprès du Comité Départemental du Tourisme des Pyrénées-Orientales. Pour tous renseignements sur le Département vous pouvez les contacter.
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