 |
L'histoire de Marseille
commence donc sur la côte d'Asie Mineure, dans la région qui, d'après Hérodote, jouit du meilleur climat du monde : la, au nord de l'Ionie, se trouve le site de l'ancienne Phocée (Phokaia en grec, aujourd'hui Foça), adossé à des collines au bord d'une vaste baie bien protégée.
Les textes anciens donnent peu d'indications sur l'origine, les institutions et les cultes de la cité, qui ne semble pas avoir été fondée avant la fin de l'époque dite géométrique (VIIIe siècle av J.C). Si l'essentiel des témoignages littéraires concerne les entreprises maritimes des Phocéens, on doit dresser d'abord le bilan sur ce que les recherches archéologiques nous apprennent sur la métropole de Marseille. Les premières sont dues... à un Français Félix Sartiaux.
|
En bon ingénieur, son premier souci, en septembre 1913, est de lever un plan du site au 1 : 5000e : "Pendant une dizaine de jours, nous avons parcouru les collines, les ravins, les vallons, noté les mouvements de terrrains, les chemins, les routes, les limites des champs et des propriétés... (relevant ainsi) une région d'une étendue d'une vingtaine de kilomètres carrés, avec des courbes de niveau tracées de cinq en cinq mètres, jusqu'au point le plus élevé de la côte, qui est à 253 m au-dessus du niveau de la mer". La même année, il desssine un plan au 1 : 2 500e (modestement appelé "croquis") de la zone correspondant à la ville antique proprement dite, en reportant l'emplacement des sondages effectués et le nom des propriétaires des différents terrains.
Sur un troisième "croquis" réalisé à la même date et à la même échelle, Sartiaux avait tenté de délimiter la ligne de rivage antique autour de la presqu'île qui constitue le coeur du site antique, ainsi que les limites des terrasses qui s'échelonnent d'ouest en est sur ce promontoir. Il souhaitait, au cours de la campagne prévue pour 1923, explorer plus en détail la presqu'île, où il avait cru trouver des tessons mycéniens, ainsi que la Colline des Moulins (Bakathanasi Myli), au pied de laquelle il espérait mettre au jour le théâtre antique. Les recherches de Félix Sartiaux à Phocée restent donc fondamentales : il a réalisé une oeuvre de pionnier sur la topographie antique du site.
|