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Au bout de la route communale qui ne mène qu'à lui, la masse blanche du phare de Camarat couronne une des dernières fenêtres avançant dans les flots.
Culminant à 130 m au-dessus du niveau de la mer, c'est le second plus haut phare de France après celui de Vallauris
. Il a été mis en service en 1831, électrifié en 1946, automatisé en 1977, l'année où le Conservatoire du littoral a acquis 49 hectares de sa face nord dévalant jusqu'au ruisseau de Bonne-Terrasse, c'est à dire tout l'arrière-paysage de la plage de Pampelonne. Aujourd'hui, ce phare connu de tous les marins est télécontrôlé depuis celui de Porquerolles
. Point n'est besoin de monter tout en haut pour profiter d'un panorama mer et montagne, de l'écume à la neige.
Le site, prestigieux, est géré discrètement par la commune de Ramatuelle
comme une réserve verte, débroussaillée en lisière pour prévenir les risques incendiaires, élaguées en chemins, entretenus sans plus et sans ostentation.
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La nature, chênes verts et lièges, pin d'Alep, y est indemne. Les pieds dans l'eau sont restés vierges. Ici peu de sable mais des rochers de granulite, rugueux, sculptés par les éléments. Avec, à portée de brasses d'une côte escarpée, quelques remontées qui affleurent dont l'îlot des Portes, perchoir des mouettes et gabians qui y font le manège quand la météo bascule, bousculée par les attractions contraires des golfes du Lion et de Gênes.
C'est ici que s'équilibre ou se fracturent mistral et vent d'est, les deux grands vents de la côte. Le premier fouette l'eau vers le large. Le second creuse la mer et ramène à terre.
Ce versant orienté au nord-est se révèle d'une grande richesse botanique. La forêt est reine, épargnée depuis une vie par les flammes. Elle a effacé les traces du déluge de feu qui, le 15 août 1944, est tombé sur les défenses allemandes quand la 7ème armée du général Patch débarqua à ses pieds sur la plage de Pampelonne.
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