Au débouché des Gorges de la Nesque
(C.D. 942) ou du Col de la Gabelle (C.D.1), apparaît le Pays de Sault. Il se tient là délicatement ouvragé tel un cloisonné strié de minces arêtes de rangées d'arbres, de ruisseaux et de ruches immobiles dans l'attente du miel. En été, le bleu des lavandes auveugle.
A force de plonger son regard dans la plaine, on ne sait si le ciel repose en flaques rectangulaires le long des blés et des sentiers, s'il demeure voûté ou s'il est ailleurs. Cette connivence bleue entre ciel et lavande
égare un peu, parfois jusqu'à vous amasser quelques larmes sous les paupières.
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Le bleu brûle et traîne dans son sillage un cortège de parfums qui s'egayent. Au parfum de la lavande succède l'odeur des blés et du petit épeautre gorgés de soleil, de la terre sèche et craquelée, des petites immortelles jaunes qui s'entêtent aux revers des talus dans un fondant de réglisse chaud.
Tout est chauffé à blanc, par le soleil, la lumière, les couleurs incisives, sommé de s'exprimer en essence légère et volatile. Seule la truffe
, cachée dans la terre, garde encore ses parfums pour elle.
A se dérouler ainsi, d'Aurel à Monieux et naturellement aux pieds de Sault
, la plaine évoque irrésistiblement un jardin merveilleux, soigneusement entretenu et bordé de forêts qui fleurent bon la noisette, la mûre et les baies sauvage.
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