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La Pointe au Sel
doit son premier nom à sa géographie de type un peu breton, et son second nom à son activité.
Le climat de la Pointe au Sel
est l'un des plus secs de la Réunion
: les nuages qui s'accrochent aux pentes, pas si loin, ne crèvent presque jamais là, sauf au temps des cyclones, ou toute l'île est arrosée. Proximité de la mer, fort ensoleillement, pluies rares : tout se prêtait à une vocation saline, qui remonte au tout début du XVIIIe siècle : dès 1704, les premiers habitants de la région fabriquaient des récipients avec de grandes feuilles de palmiers (sans doute des lataniers, dont les éventails se prêtent bien à cet usage) et les remplissaient d'eau de mer qu'ils laissaient évaporer au grand soleil. Ils ne faisaient là que perfectionner ce qui se passe dans les trous de rochers, au pied de la falaise.
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D'autres salins furent créés ici et la : à Etang-Salé
, qui doit son nom à une lagune, où le sel se concentrait quasiment tout seul, et même à Saint-Denis, le chef-lieu de l'île, ou un projet astucieux (plus près du consommateur, donc théoriquement plus rentable) tomba en quelque sorte à l'eau : à Saint-Denis
il pleut trop.
La Pointe au Sel a donc été, par la grâce de la nature, le premier et le plus important site de production saline de la Réunion
. Mais elle n'entra dans l'ère industrielle qu'en 1942, quand le blocus maritime consécutif à la guerre priva l'île du sel de Madagascar, moins bon mais moins cher. Le propriétaire des lieux, M. Dussac, imagina de créer de vrais salins, et construisit 2 hectares de terrasses en pierre de taille, étanchées à la terre glaise. La particularité de ce salin, par rapport aux salins du Midi, par exemple, et a fortiori ceux de Bretagne, est que les marées de la Réunion
sont trop faibles (60 à 90 cm) pour l'alimenter. Il a donc fallu, toujours, monter l'eau de la mer... En 1942, une pompe remplaça les ancestraux paniers de latanier, hissant l'eau sur 300 m jusqu'au bassin de tête, d'où elle coulait de terrasse en terrasse jusqu'aux tables salantes.
La paix, en 1945, signa la fin de l'entreprise, qui n'était plus rentable. Mais en 1961, le neveu de M. Dussac, M. Paris-Leclerc, racheta la propriété, remit les salins en état, et se remit à faire du sel, avec une demi-douzaine de personne. Hélas, les lois du marché étaient contraires à une exploitation trop petite, trop coûteuse : il fallut fermer en 1972, les installations tombèrent en ruine, les murs rongés par le sel s'effritèrent et les bâtiments eux-mêmes furent vandalisés, un vrai désastre...
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